Peuple Mi’kmaq de l’Île-du-Prince-Édouard
Pour illustrer l’histoire et les conditions de vie des Premières Nations, une présentation du peuple mi’kmaq de l’Île-du-Prince-Édouard est proposée ci-après, à titre d’exemple du vécu des peuples autochtones du Canada.
Depuis la nuit des temps
L'Île-du-Prince-Édouard, appelée Epekwitk dans la langue mi'kmaq, est le territoire traditionnel des Mi'kmaq, qui y ont vécu des centaines de générations pendant des milliers d'années. Les familles mi'kmaq vivaient au gré des saisons, se déplaçant d'un campement saisonnier à un autre à travers l'île. Grâce à ses nombreuses rivières, ses baies abritées et ses ressources marines abondantes, Epekwitk recèle depuis toujours — et encore aujourd'hui — des lieux d'une importance particulière pour les Mi'kmaq.
Des traités de paix et d'amitié
Entre 1725 et 1776, les dirigeants mi'kmaq et britanniques ont conclu une série de traités visant à établir ou à préserver la paix entre les nations. Ces traités garantissaient aux Mi'kmaq un accès continu à leurs terres ancestrales pour chasser, pêcher et gagner leur vie. Les Mi'kmaq n'ont jamais cédé leurs terres en vertu de ces traités — ni ici, à Epekwitk, ni ailleurs au Mi'kmak'i, leur territoire traditionnel qui s'étend sur l'ensemble du Canada atlantique : l'Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi que certaines régions du Québec et de la Nouvelle-Angleterre.
Des siècles de rudes épreuves
Aux XVIIᵉ et XIXᵉ siècles, il est devenu de plus en plus difficile pour les Mi'kmaq d'Epekwitk de vivre selon leur mode de vie traditionnel. Lors de l'arpentage de l'île et de son découpage en lots au profit de la haute société britannique, aucune terre n'a été réservée ni remise aux Mi'kmaq. À mesure que la population coloniale croissait, les ressources naturelles qui les avaient nourris depuis si longtemps se sont épuisées, rendant la pêche et la chasse traditionnelles beaucoup plus difficiles. Pendant de longues années, les familles mi'kmaq ont connu une misère effroyable. Privés d'accès à un abri, à l'éducation et à la nourriture, beaucoup ont été contraints de vivre dans la pauvreté.
Par ailleurs, les pensionnats indiens ont séparé des familles et érodé les liens culturels au sein des communautés mi'kmaq, avec des conséquences tragiques et durables. Tout au long de ces épreuves, les Mi'kmaq n'ont toutefois jamais cessé de revendiquer la propriété de l'ensemble de leur territoire traditionnel, de perpétuer leurs pratiques culturelles et de maintenir le lien qui les unit aux terres et aux eaux d'Epekwitk.
Sur la voie de la réconciliation, des droits et de la reconnaissance
Bien que les traités historiques aient été écartés par la Couronne et le gouvernement fédéral pendant de nombreuses années, les Mi'kmaq ont mené avec succès des démarches pour que leurs droits ancestraux et leurs droits issus des traités soient reconnus et mis en œuvre. Ces efforts ont suscité une prise de conscience, à l'échelle nationale et mondiale, des injustices subies par les Autochtones. La revitalisation de la langue mi'kmaq et de nombreuses traditions contribue aujourd'hui à renforcer les liens culturels dans les collectivités de tout le Mi'kmak'i.
Aujourd'hui, les Mi'kmaq d'Epekwitk forment une communauté culturelle dynamique, représentée par deux gouvernements mi'kmaq élus : la Première Nation de Lennox Island et la Première Nation d'Abegweit, ainsi que par la Confédération des Mi'kmaq de l'Île-du-Prince-Édouard, qui offre des programmes et des services aux membres de la collectivité vivant dans les réserves comme à l'extérieur de celles-ci.



